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12.04.16
La Maison Rose: Une Interview Avec Christian Louboutin et Valérie Shlumberger

L’Africaba est le sublime résultat de la collaboration entre Christian Louboutin, son amie de longue date Valérie Schlumberger et les femmes de la Maison Rose. Association qui concentre son action sur l’assistance aux femmes et aux enfants défavorisés sénégalais, la Maison Rose offre une issue créative et concrète vers une vie nouvelle en révélant les talents et les savoirs faire artisanaux de cette région.

L’Africaba reflète la quintessence de l’inventivité des femmes de la Maison Rose,  leur flair artistique inné fusionné aux  savoir-faire uniques de la Maison Christian Louboutin.

CHRISTIAN A PROPOS DE VALERIE

Comment avez-vous fait connaissance avec Valerie ? Connaissiez-vous depuis toujours de son intérêt pour les artistes et artisans de cette région?

Je connais Valérie depuis très longtemps, nous nous sommes rencontrés quand j’étais encore adolescent. J’ai toujours été très sensible à son intérêt pour les artisans d’Afrique de l'Ouest en général. Elle revenait de sa maison au Sénégal les bras chargés d’objets qu'elle avait achetés là-bas, fascinée par la démarche intelligente qu’ont ces gens de faire de belles choses à partir d'éléments très pauvres. Une approche qu'elle a tenu à soutenir et à partager, en ardent défenseur qu’elle est.

Qu'est-ce qui vous a particulièrement intéressé par le travail de Valérie?

La vente de produits pour soulever des fonds est fantastique, mais avec Valerie ce n’était pas seulement une question de récolter de l’argent par la vente d’objets d’art ou d’artisanat, mais aussi de d’apporter une contribution plus grande en offrant une plus large exposition à l'Afrique et ses traditions artisanales. Sa passion est entièrement tournée vers ces artistes, appréciant et encourageant leur talent unique.

Que pensez-vous qui conduit cette motivation?
Valérie vient d'une grande famille, et comprend naturellement l'importance de la communauté et cette capacité que peuvent avoir les gens à se prendre en main quand ils sont soutenus. Son travail n’est que cela : redonner de l’indépendance à ces femmes en leur apportant son soutien.

Que pensez-vous du travail réalisé par les artistes et les artisans?

J’admire le travail coloriel et l’expression graphique des arts et artisanats africains depuis très longtemps. Nous avons des meubles de la CSAO (Compagnie du Sénégal et Afrique de l'Ouest) de Valérie dans nos boutiques depuis de nombreuses années. Je sais que l'artisanat et l'art sont très liés en Afrique, l'artiste est entouré par des choses usitées et, avec un regard enfantin, il imagine comment il peut les réutiliser pour créer quelque chose de nouveau, un sens naturel de l'écologie, de la réutilisation et de la réinvention.

Comment le processus de travail sur ce projet diffère de votre processus de conception habituel ?

Cela n’a rien à voir avec le processus classique de création au sein de notre studio où nous réalisons un échantillon qui est ensuite reproduit à l’identique. Au lieu de cela, nous avions une idée du design, mais il a été énoncé dès le départ que chaque sac devait être l'interprétation de l'artisan qui l’a réalisé. On ne parle plus du tout de perfection, le charme est dans les particularités et de légères différences qui apparaissent lorsque l’on collabore avec des gens qui font les choses manuellement.

VALERIE A PROPOS DE CHRISTIAN

Comment avez-vous rencontré Christian?

J’ai rencontré Christian il y a plus de trente ans. Ce fut un véritable coup de foudre. Christian m'a immédiatement séduit par son intelligence, sa créativité sans limites et la sympathie exceptionnelle qu'il dégage. Nous nous sommes rapidement très bien entendus. 

Pourriez-vous décrire votre relation avec le Sénégal et pourquoi vous êtes si familière avec la région?

J’avais seize ans la première fois que je suis venue au Sénégal. Le même jour, Dakar attendait la visite de la reine d'Angleterre. A l'aéroport, la foule avait revêtu ses plus beaux atours. C’était un spectacle extraordinaire. Immédiatement j’ai été fascinée par ce pays. Quand j’ai créé CSAO  il y a vingt ans, elle était destinée à ouvrir le marché européen à ses nombreux artisans. A l'époque, il était très difficile de trouver leurs produits hors des marchés locaux.

Pouvez-vous nous parler des caractéristiques typiques ou des techniques de l'artisanat sénégalais?

Ces produits sont - pour la plupart - fabriqués à la main. Les artisans sont qualifiés, passionnés, et passent des heures - voire des jours - sur chaque objet. Ils aiment le travail bien fait. Ces produits sont uniques parce ils sont en même temps joyeux, inventifs, et bien faits.

Pourriez-vous expliquer le but de La Maison Rose et comment elle aide les gens ?

La Maison Rose aide les jeunes femmes et les jeunes filles en difficulté. Elles ont, pour la plupart, été chassés de leurs maisons, et ont été recueillies dans la rue enceintes ou avec un ou plusieurs enfants en bas âge. La Maison Rose leurs offre une maison accueillante, un lieu d’écoute et de soins pour elles et leurs enfants. Mona Chasserio a créé La Maison Rose dans un quartier particulièrement difficile. Nous travaillons ensemble depuis plusieurs années, et il m'a semblé évident que la Maison Rose devait aussi offrir à ces jeunes femmes une formation professionnelle adaptée.

En plus de fournir de l'emploi pour les dames de la Maison Rose, il est également important qu'elles aient un exutoire créatif de s’exprimer ?

Les femmes de La Maison Rose ont la liberté de choisir, assembler et fabriquer ces produits. La créativité dont elles font preuve fait partie intégrante de leur réadaptation. Elles sont fières de leur travail, et retrouvent enfin l’espoir d’une renaissance. Elles peuvent alors se tourner vers un avenir plus serein.

A quoi souhaiteriez-vous aboutir pour La Maison Rose à travers cette collaboration ?

D'abord, un beau sac ! Chaque panneau est différent, chaque détail est merveilleux, chaque sac est unique. Cependant, cette collaboration nous permettra également de renforcer notre structure de formation professionnelle. Nous allons ouvrir un atelier beaucoup plus grand, qui formera plus de femmes et leur assurera un métier et un emploi par la suite.